Vos services publics



Les animateurs des centres de loisirs : l’éducation, d’une autre façon

Mais que font les enfants dans les centres de loisirs ? Qui sont ces animateurs à qui les parents confient leurs enfants ? Zoom sur un métier particulier, aux horaires décalés, entièrement tourné vers les loisirs de l’enfant.

«Je ne sais pas toujours ce que mon fils fait au centre de loisirs, mais je ne suis pas plus inquiète que cela ; parfois il me raconte qu’ils sont allés en sortie, parfois il ramène un objet qu’il a fabriqué ». Il est 8h30 du matin quand Hayat dépose son fils au centre de loisirs élémentaire Pablo Neruda. Tous les mercredis de l’année, c’est le même rituel ; elle passe la porte avec lui, s’informe rapidement du programme de la journée, un bisou, et elle repart, laissant sans souci son petit bonhomme entre les mains des animateurs. « De toute façon je n’ai pas le choix, je travaille le mercredi. Et puis franchement, il est mieux ici, à faire des activités, plutôt qu’à la maison ». Et de fait, en ce mercredi de novembre, c’est encore une journée pleine d’aventures qui attend les enfants, tant du côté des maternelles que des élémentaires.
Une journée en centre de loisirs n’est pas de tout repos … pour les animateurs ! Chaque mercredi et tous les jours pendant les vacances scolaires, les centres de loisirs fonctionnent à plein régime de 9h à 17h avec des activités le matin, un temps de repas, un temps calme et enfin un retour aux activités jusqu’à la fin d’après-midi. Mais à cela, il faut ajouter un accueil possible le matin et le soir, de 7h à 9h et de 17h à 19h. Les enfants des centres de loisirs maternels sont accueillis dans les écoles dont ils dépendent ; chaque centre est placé sous l’égide d’un responsable ayant en charge les activités, l’accueil et la restauration. Les enfants d’élémentaire sont eux regroupés au sein d’un seul et même centre, le centre de loisirs Pablo Neruda, mais bénéficient de locaux au sein du groupe Paul Bert ; chaque référent d’une classe d’âge est responsable d’un site de restauration.

Créativité, inventivité et éducation

« Le centre de loisirs, c’est pas comme l’école ! » Haute comme un peu plus que trois pommes, c’est Anaïs qui le dit. Le centre de loisirs, elle adore ! Ici, on fabrique, on invente, on joue, on découvre, on visite, etc, et sans s’en rendre compte, on apprend. Pour preuve, toutes les réalisations des enfants qui étaient exposées au public lors de la journée des droits de l’enfant, samedi 23 novembre. Ici, une fresque en 3D, là un livre composé d’illustrations imaginées et conçues par les enfants, là un arbre à têtes de canettes, etc. Autant de créations qui ont été préparées avec les enfants dès la Toussaint. « Je travaille beaucoup sur le recyclage », relate Christèle, animatrice en élémentaire. « Les enfants sont très étonnés de tout ce que l’on peut faire avec ce que l’on jette. Par exemple, quand je leur ai proposé de fabriquer un livre de A à Z, au début ils étaient interrogatifs. À l’arrivée, c’est très valorisant ». Fabriquer avec eux « c’est leur faire ressortir ce qu’ils savent faire sans qu’ils s’en rendent compte », développe Angélique. « C’est transmettre d’une autre façon ». De manière très ludique, avec parfois trois bouts de ficelle et surtout beaucoup d’imagination, le centre de loisirs concourt à faire passer des messages éducatifs.
D’abord pensées par tranche d’âge, les activités deviennent peu à peu multi-âges au fil de l’année.
« Depuis trois ans nous travaillons d’ailleurs avec le pôle collégiens sur la passerelle, cette structure destinée à favoriser la transition des CM2 vers le collège », ajoute Patricia Vatan, responsable des accueils péri et extra scolaires élémentaires. Les centres de loisirs, élémentaires comme maternels, travaillent aussi beaucoup en partenariat avec d’autres structures de la ville, comme la médiathèque, la Maison du Conte, la Maison des arts plastiques. Une rencontre avec un auteur, une visite d’exposition ou autre donne souvent lieu à la mise en place d’ateliers où les enfants se révèlent souvent très surprenants.

Une journée de centre,c’est ludique et pédagogique

« C’est vrai que nos journées sont un peu hachées », explique Angélique, référent de classe d’âge CE1 et de la restauration à Paul Bert B. « Parfois on ne travaille que le matin ou que le midi, pendant les vacances on fait de grosses journées, et l’été on est à pied d’oeuvre un mois plein. Mais cela me convient. Cela me permet de prendre le temps de préparer les activités ». Sur internet, à la médiathèque ou ailleurs, « il faut toujours chercher de nouvelles idées d’animation ». Le nombre annuel d’heures de préparation a d’ailleurs été étendu. « Les programmes d’activités sont établis un mois à l’avance et, surtout, élaborés en cohérence avec le Projet éducatif local et sur la base de quatre orientations –la mise en oeuvre de l’Agenda 21, le Contrat territoire lecture, les droits de l’enfant et la découverte de la gastronomie », explique Patricia Vatan. « C’est un vrai travail de fond qui est mené ».
« Être animateur en centre de loisirs, ce n’est pas faire de la garderie », se défend Cathy, responsable du centre de loisirs maternel Pasteur. Inventer de grands jeux, laisser aller son imagination, se dépenser, ... Aux côtés des animateurs des centres de loisirs, les enfants grandissent en s’amusant.
« Nous menons de vrais projets pédagogiques. Derrière chaque activité il y a une réflexion ». Les animateurs ont parfois le sentiment que leur métier n’est pas reconnu à sa juste valeur par les autres acteurs de la communauté éducative.
« Si la ville a été labellisée Ville amie des enfants, on y est bien pour quelque chose ! »

Professionnalisme et convictions

Arrivés souvent par hasard comme vacataire dans l’animation, au profit d’un petit boulot d’étudiant ou d’une reconversion, les animateurs titulaires de la ville sont tous de vrais professionnels dûment diplômés, du Bafa voir du Bafd pour les responsables. Tel est le cas de Matthieu qui, en plus d’être référent de la classe d’âge CE2, est également coordinateur du Conseil municipal d’enfants. « Je faisais des études de droit, quand j’ai découvert le métier d’animateur ». Le contact humain, le travail sur le terrain, « ça a été un vrai coup de coeur ». Côté recrutement, « ce que nous cherchons chez un jeune animateur, c’est une compétence spécifique ou une sensibilité particulière », souligne Patricia Vatan. « Plus une équipe est complémentaire, et plus c’est une richesse pour les enfants ». « Je suis un enfant des centres de vacances » avoue Sébastien, responsable du centre de loisirs maternel Jacques Gilbert-Collet. Entré à 16 ans dans la fonction, il en a découvert les vertus. « C’est un métier qui colle à mes convictions ». Mais quelles sont-elles ces convictions ? Nombre d’animateurs évoquent cette envie de contribuer au développement des enfants, « cette petite goutte d’eau qu’on peut leur apporter pour les aider à se construire » comme dit Cathy. « C’est peut-être illusoire, mais je crois que nous leur mettons en main les outils pour développer leur autonomie » ajoute Sébastien. Sans conviction, un jeune animateur n’a aucune chance de rester dans ces fonctions. Et peut-être non plus s’il n’a pas ce petit supplément d’âme qui fait dire à certains, « on a sûrement tous en nous une petite part d’enfance »

 
Haut de page