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Thomas Marx. Le djembé dans la peau

Ils se sont rencontrés en 1996 et ne se sont plus jamais quittés. Entendez par «ils», Thomas et son djembé. Envoûté par les sons de l’instrument, avide d’en découvrir le langage, Thomas est allé d’ethnies en villages apprendre auprès de maîtres comme Samana Diarra, Madou Sacko, Amara Kanté … comment faire parler son djembé. Aujourd’hui, reconnu par ses pairs comme djembéfola (joueur de djembé) professionnel, il crée à Chevilly-Larue l’association Niuman Ba et partage son savoir et sa passion avec tous ceux qui souhaitent s’initier aux percussions et à la danse africaine.

Qu’il écoute les Wailers de Bob Marley, Ijahman, les groupes Steel Pulse, Culture ou Burning Spear, Thomas est sensible à l’acoustique, aux sons bruts des percussions. Alors qu’il est étudiant en arts graphiques à l’école Estienne (Paris), il découvre «Djembefola», un film de Laurent Chevallier, et décide, comme une urgence, d’apprendre le djembé. Il prend ses premiers cours en 1996 avec Patrick Rabier du Villars à l’association Afro Cubop à Villejuif et y rencontre les membres de l’association Kunta Kinté qui proposent des stages de djembé en Gambie. Avec le sentiment fort d’être appelé par l’Ouest africain, Thomas construit son projet. Pour le financer, il arrête ses études, entame une formation d’ambulancier, travaille, économise et boucle enfin ses valises. Parti pour un mois et demi, il reste en fait six mois en Gambie. « J’ai rencontré là-bas Samana Diarra, alias Zoumana, qui deviendra mon maître djembé ». Obligé de rentrer en France pour renflouer son compte, Thomas repart ensuite à Bobo-Dioulasso rejoindre son maître dans sa famille au Burkina Faso. « Nous faisions quatre heures de djembé par jour. J’ai appris la langue Dioula, souffert de la chaleur, partagé avec eux peines et joies. J’y suis encore resté six mois ». Dans les cérémonies villageoises, le dos solide et les mains cornées, Thomas fait parler son djembé. « Il est par excellence l’instrument dédié à la danse africaine, intimement lié aux événements de la vie sociale ».

Début 2000, déjà doué, notre percussionniste donne ses premières leçons et anime des cours de danse africaine traditionnelle à la Maison pour tous de Chevilly-Larue, ainsi qu’à Villejuif et L’Haÿ-les-Roses. Disciple de Madou Sacko, Thomas est envoyé par ce dernier chez l’illustre percussionniste Amara Kanté. De 2001 jusqu’en 2003, toujours avec Madou, il anime les fêtes traditionnelles maliennes en région parisienne. Par le biais de l’association Les Arts Mandingues, Thomas se perfectionne auprès du virtuose Adama Diarra. Des personnalités comme Koumgbanan Kondé, directeur de l’Ensemble national des percussions de Guinée, et Fadouba Oularé, élu chef des batteurs par Sékou Touré, lui transmettent aussi leurs secrets. Régulièrement complices à ses côtés, les danseurs Moïse Kourouma, Fany Lahbib-Aline, Danièle Crémas et la chorégraphe Manue Sissoko suivent en symbiose le langage subtil de son djembé.En 2009, sous la houlette de Lansiné Diabaté, Thomas apprend, le balafon (xylophone traditionnel). « Peu après, Zoumana arrive en France. Nous mettons en place douze morceaux et créons le groupe Niuman Ba (ndlr : qui signifie bon et grand). Nous rejoignent Lansiné au balafon, Yves Terrat à la basse, Dramane Sissoko aux dunduns et Manue Sissoko à la danse ».

En attendant que Zoumana obtienne son visa et que la troupe entame en France sa première tournée, Thomas crée cette année avec le soutien de Mamadou Keita, responsable du service municipal de la Jeunesse, l’association Niuman Ba. Il y accueille les Chevillais tous les jeudis soirs et propose à travers cours et stages d’enseigner tout l’amour et l’énergie des danses mandingues qu’il a reçus en partage.

Florence Bédouet

Site internet : http://www.niumanba.jimdo.com

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