En 1911, la commune de Chevilly-Larue est encore très rurale et ne compte que 1108 habitants, dont plus de la moitié vivent en collectivité (au séminaire, au monastère, au sanatorium, …).
En 1911, la commune de Chevilly-Larue s’appelle encore « Chevilly » tout court, du nom de son chef-lieu (la dénomination actuelle datant de 1920). Elle fait alors partie du département de la Seine, arrondissement de Sceaux, canton de Villejuif. Elle est plus étendue vers le sud, car elle n’a pas encore perdu les 33 hectares rattachés à Rungis en 1932 (pour un projet parisien sans suite de « cité satellite Belle-Épine »), ni eu sa limite sud modifiée lors de l’aménagement du Marché d’intérêt national (ouvert en 1969).
En 1911, la commune est encore peu équipée. L’électricité est mise en service cette année-là, notamment à la mairie et dans les écoles la jouxtant. Par contrat de 1862, la Compagnie des Eaux fournit de « l’eau de Seine », qui alimente quelques fontaines, mais encore peu de maisons. Le téléphone ne compte que trois abonnés : le maire, Henri Cretté, la briqueterie Bohy et le sanatorium. Seul transport local, la voiture à cheval de M. Besson dessert la gare de Bourg-la-Reine, sinon il faut aller à pied à Villejuif, terminus du tramway pour Paris.
Le territoire chevillais est majoritairement occupé par des cultures, avec des jardins, des terrains de cultures fourragères, maraîchères et florales, des pépinières et surtout des terres de cultures labourables (froment et, secondairement, seigle, avoine et pommes de terre).
Le recensement de la population effectué en 1911 indique que les 1108 habitants sont répartis en 4 petites zones habitées et se composent de 134 ménages occupant 96 maisons : outre 7 hôtes de passage, 682 habitants vivent dans les 28 maisons du village de Chevilly, 399 dans les 61 maisons du village de Larue, 20 dans les 5 maisons de La Saussaie (au nord de la commune, le long de la RN 7) et 10 dans les 2 maisons de carriers à la limite de Rungis. La particularité de la commune à cette époque est de comprendre un plus grand nombre de « comptés à part » (personnes étant simplement pensionnaires dans la commune) que Ed’habitants officiellement domiciliés (611 « comptés à part » contre 497 habitants fixes). En effet, la commune accueille 308 pensionnaires au monastère Saint-Michel, 200 au séminaire des Missions, 87 au sanatorium et 9 à la pension pour enfants de Mlle Anceau. Par ailleurs, la population domiciliée à Chevilly-Larue compte 279 actifs, dont 119 (43%) travaillent dans l’agriculture. Au palmarès des autres professions les plus représentées figurent 29 briquetiers, 19 religieuses et prêtres, 15 coutu-rières, 15 carriers, 12 maçons, 12 blanchisseuses et 6 couples de cafetiers–marchands de vins (souvent aussi épiciers). (À suivre)
Marc Ellenberger, archiviste municipal
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