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Les cinq morts pour la France du 24 août 1944

L’adjudant-chef Augustin Dericbourg, Jacques Petit Le Roy, le Père Laurent Mazurié, Jacques Hellouin et André Drouot ont été tués le 24 août 1944, dernier jour de l’occupation allemande à Chevilly-Larue.

Le 24 août 1944, les Chevillais entendent des bruits de canonnade et de coups de feu presque toute la journée. La 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc combat pour s’emparer des positions allemandes de la Croix de Berny à Antony et de la prison de Fresnes qui lui barrent le passage vers Paris. Un Parisien de 28 ans arrive alors à vélo à Chevilly-Larue : le lieutenant FFI Jacques Petit Le Roy, émissaire que le général Chaban-Delmas a envoyé à la rencontre du général Leclerc pour lui demander de hâter la libération de Paris. La capitale est en insurrection depuis le 19 août, mais ses forces et son armement sont insuffisants face aux nazis.
Le lieutenant Petit Le Roy laisse sa bicyclette au séminaire de Chevilly et franchit à pied les lignes allemandes. Il rejoint Leclerc à Antony et lui expose la situation. Celui-ci le charge alors de remettre au commandant allemand de Paris, Von Choltitz, un ultimatum l’avertissant qu’il aurait à répondre personnellement des dommages causés à la capitale. Deux hommes de l’escadron de protection du général Leclerc sont volontaires pour raccompagner Petit Le Roy à Paris avec une jeep équipée d’une mitrailleuse, tout en passant par Chevilly pour récupérer son vélo : le soldat Maurice Gallix, 24 ans, comme conducteur, et l’adjudant-chef Augustin Dericbourg, 34 ans, comme mitrailleur. Tous deux espèrent ainsi être les premiers de la 2e DB à entrer dans Paris. La jeep, contournant la zone de combats de la prison de Fresnes, passe par Rungis où est embarqué comme guide Jean Buteau, 49 ans, qui avait été Chevillais jusqu’en 1939. La jeep entre à Chevilly-Larue par l’avenue de la République et arrive à proximité du séminaire par la D60. Elle tombe alors dans une embuscade. Une patrouille allemande cachée sur le côté du café Soulier ouvre le feu. Dericbourg et Petit Le Roy, blessés, sont abattus. Gallix et Buteau réussissent à s’échapper. Sachant la 2e DB proche, les Allemands s’enfuient avec la jeep et l’ultimatum de Leclerc trouvé sur le corps de Petit Le Roy qu’ils transmettent ensuite à Von Choltitz.
Un peu plus tôt dans l’après-midi, la D60 a été le théâtre d’un autre drame, cette fois au carrefour avec la N7. Trompé par un moment de calme, le Père Laurent Mazurié, spiritain de 27 ans, a quitté le séminaire à vélo pour assurer un Salut du Saint Sacrement chez les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny à Thiais. Malheureusement, des soldats allemands tiennent le carrefour. Le Père Mazurié est abattu aux côtés d’un jeune résistant parisien de 17 ans, Jacques Hellouin, parti à bicyclette en reconnaissance sur la N7.
Un autre Chevillais est tué ce même après-midi à quelques kilomètres de là. André Drouot, 37 ans, habitant Paris-Cottage, se trouvait à Rungis sur la route de Versailles lorsqu’il a été atteint, semble-t-il, par un balle perdue. Le lendemain, Chevilly-Larue est enfin libre.
Dès le 1er octobre 1944, le conseil municipal donnait aux rues de Lallier et d’Orly, à l’intersection desquelles ils avaient été tués, les noms de Dericbourg et de Petit Le Roy. Le 11 novembre 1944 était inaugurée la rue du Père Mazurié, ancienne Grande rue, où se trouve le séminaire. L’avenue de la Prospérité était dénommée Jacques Hellouin le 22 décembre 1944. Près de 60 ans plus tard, le 30 mars 2009, le conseil municipal décidait de rajouter les noms du Père Laurent Mazurié et d’André Drouot sur le monument aux morts. Ce qui est fait pour la cérémonie du 8 mai 2009.

Marc Ellenberger, archiviste municipal.

 
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