Culture, sport, patrimoine



Histoire locale

Chevilly-Larue a pris le nom des deux anciens villages situés dans la commune. Chevilly, en latin « Civiliacum », devrait son nom à la « villa » (domaine agricole) d’un Gallo-Romain nommé vraisemblablement Civilis. Le hameau de « La ruelle », puis « La Rue », enfin « Larue », tire son nom de la voie de « Lay » (L’Haÿ) à Fresnes le long de laquelle il a été fondé à la fin de la Guerre de Cent ans. La commune portait le nom de son chef-lieu, Chevilly, jusqu’au décret du 5 septembre 1920 qui change son nom en Chevilly-Larue, ce qui la distingue de Chevilly dans le Loiret.

De la préhistoire à la Révolution

Habitée dès l’époque paléolithique, la commune de Chevilly-Larue possède de nombreux vestiges archéologiques (armes, outils, silex…). La première mention de Chevilly (« Civiliacum ») apparaît en 829 dans l’acte de partage des biens respectifs de l’évêque de Paris et de ses chanoines formant le Chapitre de Notre-Dame, seigneur de Chevilly. Suite à la destruction de la première église vers 850-900, les chanoines entreprennent sa reconstruction ; l’Eglise Sainte-Colombe sera achevée au XVe siècle.

Au Moye-âge, le territoire est une vaste terre à blé réputée pour sa foire annuelle qui se tenait sur la place de l’église le jour de la Sainte-Colombe, le dernier dimanche de juillet. De toutes les paroisses voisines convergeaient vers Sainte-Colombe des voies et sentiers (certaines rues portant toujours son nom), sur lesquels cheminaient les pèlerins.

Au milieu du XIIe siècle, Louis VII fonde un couvent au lieu-dit « La Saussaye » ; jusque vers 1500, c’est une maladrerie pour les femmes de la maison royale atteintes de la lèpre. Le couvent servit de prison à une princesse royale de 1742 à sa mort en 1760. Le couvent est fermé en 1769. Ensuite, il n’y a plus à La Saroussaie qu’une grande ferme (à l’emplacement du centre L’Oréal).

En 1709, la paroisse de Chevilly compte environ 250 habitants (effectif qui restera stable jusqu’au milieu du XIXe siècle). Elle comprend le petit bourg de Chevilly autour de l’église et deux écarts : le hameau de « La Rue » et le couvent de « La Saussaye ».

Le règne de Louis XV amène une certaine prospérité ; des gentilhommières sont édifiées à Chevilly et à Larue ; des « remises » de chasse (enclos à gibier) sont aménagées. Thoinard de Jouy, cousin de Madame de Pompadour, ornemente luxueusement l’ancienne grande ferme du Chapitre et fait construire dans le parc un pavillon de chasse que le roi inaugure en 1760 (l’ancienne route de Choisy-le-Roi à Versailles passant alors par Chevilly), mais cela cause sa faillite. Ses créanciers louent la propriété au prince de Monaco de 1762 à 1767. Des négociations portant sur l’abdication de Napoléon 1er se dérouleront dans le « château » de Chevilly les 4 et 5 avril 1814.

En 1758, la famille princière de Rohan-Guéménée acquiert le domaine d’en face (à l’emplacement du monastère Saint-Michel) et le revendra en 1781, après le décès de la princesse douairière de Rohan-Guéménée le 20 août 1780 à Chevilly.

À la suite de l’édit du 25 juin 1787, les paroisses de Chevilly et de « Lay » (L’Haÿ) sont réunies en une seule municipalité ; c’est ainsi qu’un cahier de doléances commun est rédigé le 14 avril 1789. La loi du 14 décembre 1789 crée les communes, mais ce n’est que le 17 mars 1793 que les deux anciennes paroisses sont érigées en communes distinctes.

Pendant la Révolution, les terres du Chapitre de Notre-Dame, de la paroisse et des congrégations religieuses sont confisquées et revendues comme biens nationaux à de riches roturiers (maîtres de poste, banquiers, grands propriétaires) qui acquièrent aussi les domaines des gentilhommières.

Des deux villages ruraux à la ville de banlieue

Au début du XIXe siècle, quelques pépinières sont plantées par des marchands d’arbres de Vitry. Le marquis de Cubières, agronome et naturaliste, séjourne fréquemment dans sa maison de campagne à Larue entre 1805 et sa mort en 1821. En 1846, une première mairie est édifiée à Larue, mais ce n’est qu’en 1863 qu’une école y est créée, en plus de l’ancienne école de Chevilly. Entre 1845 et 1858, la peintre animalière Rosa Bonheur séjourne plusieurs fois à Chevilly, où elle trouve maints sujets d’inspiration.

En 1864, la Congrégation du Saint-Esprit fonde son séminaire dans l’ancien domaine de Thoinard de Jouy. Pendant la guerre de 1870-1871, le siège de Paris oblige la population à se réfugier à Paris. Le 30 septembre 1870, des combats acharnés ont lieu à Chevilly entre les Français venant de Villejuif et les Prussiens retranchés dans le parc du séminaire. Ce même parc sert de cadre à l’une de premières expériences de liaison radio (TSF) à moyenne distance entre Chevilly et la tour Eiffel, par Édouard Branly, à la fin du siècle.

En 1895, par commodité et afin d’apaiser la vieille rivalité opposant Chevilly et Larue, notamment à propos de l’emplacement d’une nouvelle mairie-écoles, cet édifice est enfin construit à mi-chemin des deux villages, près du nouveau cimetière ouvert en 1860 ; un hôtel de ville lui sera joint en 1965, à la place de la première salle des fêtes, ouverte en 1902. La commune compte 832 habitants en 1901.

En 1903, l’orphelinat ouvert à Larue en 1875 cède la place à un sanatorium, aujourd’hui centre de pneumologie. En 1906-1907, les Sœurs de Notre-Dame-de-Charité construisent à Chevilly le monastère Saint-Michel, réplique de leur ancien édifice parisien ; il abrite actuellement, dans le cadre de l’Union Notre-Dame-de-Charité, une communauté religieuse, une maison de retraite (Saint-Jean-Eudes), un centre d’observation et de rééducation (COR) et des logements sociaux gérés par l’association « Les Talents ».

En 1906, deux briqueteries, Lafontaine et Bohy, s’installent dans l’ouest de la commune ; leur activité durera respectivement jusqu’en 1935 et 1966.

Le monument aux morts est inauguré à côté de la mairie le 16 novembre 1924 ; il sera transféré en 1986 sur la place de l’église.

En 1931, Antoine Ferracci, demeurant au 101 route de Rungis, mécanicien-chef du groupe Pamir de la « Croisière Jaune » Citroën, franchit pour la première fois l’Himalaya en auto-chenille.

Le poste de transformation électrique, dont l’origine remonte à 1923, subit un bombardement aérien le 3 octobre 1943 ; une partie des lignes à haute tension sera enfouie en 1997.

Des combats ont lieu à la Libération le 24 août 1944.

Les champs, les pépinières et les cultures florales et maraîchères laissent peu à peu la place, dès les années 1920, à des lotissements pavillonnaires, puis, principalement entre 1955 et 1975, à des ensembles de logements collectifs et à des zones d’activité. La population passe ainsi de 3 861 habitants en 1954 à 17 867 en 1975. L’usine Lancôme est inaugurée le 20 juin 1962 ; c’est actuellement un centre de recherche L’Oréal. Les 2 et 3 mars 1969, est ouvert le Marché d’Intérêt National (MIN) dit « de Rungis », dont 55 % de la superficie occupent tout le tiers central du territoire de la commune de Chevilly-Larue, déjà coupée en deux par l’autoroute du sud (ouverte en 1960 et dédoublée en 1970-1971) et par l’aqueduc de la Vanne et du Lunain, qui, depuis la construction du MIN, passe sous la bordure orientale de l’emprise autoroutière, à l’ouest de l’ancien tracé ; l’aqueduc de la Vanne avait été mis en service en 1876 et celui du Loing (auquel il est couplé) en 1900.

L’urbanisation de la commune est parachevée par la ZAC Petite Bretagne, lancée en 1987 (sur des terrains initialement réservés au passage de l’autoroute A 86, dont la ville a obtenu le déplacement du tracé par décret du 16 mai 1984) et par la réalisation du centre ville.

Depuis le premier festival des conteurs organisé en mars 1980, Chevilly-Larue est devenue « la ville du conte » ; l’association « La Maison du Conte », fondée en 1993, s’est installée en 1999 dans l’ancienne propriété du sculpteur Morice Lipsi.

La ville est découpée en cinq quartiers, depuis la création des comités de quartier, le 10 octobre 1996.

Découvrez le patrimoine historique de Chevilly-Larue

L’église Sainte-Colombe est l’une des plus anciennes d’Île-de-France. Son portail construit autour de l’an mil, sa forme caractéristique de grange, sa nef du XIe siècle, son chœur du XIIe siècle, sa chapelle sous le clocher du XVe siècle, font d’elle le témoin de la vie des Chevillais depuis plus de 1 000 ans. L’église Sainte-Colombe peut être visitée les deuxièmes dimanches de chaque mois de 15 à 17 heures (sauf pendant les vacances scolaires).

Amateurs d’histoire, ne manquez pas les visites guidées et commentées de la ville, organisées chaque année en septembre à l’occasion des journées de patrimoine. C’est l’occasion de redécouvrir le vieux Chevilly, la place de l’église, la rue Henri Cretté, le séminaire du Saint-Esprit (notamment son pavillon de chasse de 1760 et sa grande chapelle érigée de 1928 à 1938)…

 
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