Albert Thuret, né le 18 juin 1876 à Vaux-sur-Seine (Yvelines) près de Meulan, est le benjamin des quatre enfants d’un couple de cultivateurs : Auguste Thuret et Zoé Guibert.
Il travaille dans l’exploitation familiale jusqu’à son mariage avec une couturière chevillaise, Eugénie Leforestier, le 25 septembre 1897 à Vaux-sur-Seine. Il a alors 21 ans et la mariée, née le 14 novembre 1872 à Paris, 24 ans. Les circonstances de leur rencontre ne sont pas connues, de même que leur vie pendant les treize années suivantes, en dehors du fait qu’ils n’ont pas eu d’enfant et qu’ils auraient tenu une charcuterie à Paris.
Au printemps 1910, ils emménagent définitivement à Larue au 8, avenue de la Mairie (actuelle avenue du Général de Gaulle), dans la maison dont a hérité Eugénie après le décès de sa mère en 1908 et de son père en 1909. Eugénie avait 10 ans lorsqu’elle était venue en 1882 y habiter avec ses parents, Constant Leforestier, cocher, et Marthe Gineste, couturière, près de la famille de son oncle Eugène Leforestier, jardinier fleuriste.
Notable local devenu à sa retraite propriétaire rentier, le père d’Eugénie a été conseiller municipal depuis 1888 et fut l’adjoint au maire de 1894 à 1900 et de 1904 à sa mort en 1909.
Une fois installés à Chevilly-Larue et, dès lors, propriétaires rentiers, Albert et Eugénie Thuret font des affaires immobilières. Ils créent ainsi quatre lotissements : trois à L’Haÿ-les-Roses et un à Chevilly-Larue, au lieudit « Le Cornion » (actuelle rue des Écoles). Comme feu son beau-père, Albert Thuret entre bientôt dans la vie politique municipale. Conseiller municipal depuis 1919, il devient d’emblée l’adjoint* au maire. Élu maire le 8 octobre 1929, il démissionnera de cette fonction le 8 juillet 1936 pour raisons de santé, restant conseiller municipal jusqu’à son décès à son domicile le 24 octobre 1938, à l’âge de 62 ans.
Réuni quatre jours après sa mort, le Conseil municipal lui rend hommage en donnant son nom, le 28 octobre 1938, à la rue de la Liberté, artère principale du village de Larue proche de chez lui. Il reste de lui l’image d’un maire soucieux du sort de ses concitoyens, dont beaucoup étaient au chômage en cette période de dépression économique.
Son épouse décède le 1er avril 1943, à 70 ans. La rue Leforestier à L’Haÿ-les-Roses
garde aussi sa mémoire.
Marc Ellenberger, archiviste municipal
* Il n’y avait à Chevilly-Larue qu’un seul adjoint au maire jusqu’en 1935.
Une rue de la ville porte le nom d'Albert Thuret