La plateforme d’Orly, un enjeu pour le territoire

Le 3 octobre dernier, le Gouvernement a fait savoir que le déplacement de l’aéroport d’Orly n’est pas une option qu’il envisage. Cette information rassure les acteurs – dont Chevilly-Larue – d’un territoire en pleine expansion, appuie l’idée d’un nécessaire renforcement de la lutte contre les nuisances et soulève la question d’une meilleure répartition des retombées économiques des activités aéroportuaires.

Soulagement dans les rangs des maires des communes voisines de l’aéroport d’Orly et des élus du Conseil général du Val-de-Marne : le déplacement de l’aéroport d’Orly n’est pas une option du Gouvernement. C’est ce qui a été annoncé le 3 octobre dernier lors de la réunion d’installation de la commission sur l’avenir de la plateforme d’Orly mise en place par Nathalie Kosciusko Morizet, ministre à l’Écologie, au Développement durable, aux Transports et au Logement, et par Maurice Leroy, ministre de la Ville en charge du Grand Paris.

Cette décision est une bonne nouvelle à l’heure où une proposition de loi déposée par des députés UMP remettait en cause l’avenir de la plateforme aéroportuaire et créait ainsi nombre d’incertitudes. Elle est d’autant plus rassurante qu’au-delà de l’aéroport lui-même, elle pérennise tout le territoire du Pôle Orly. Ce dernier, qui constitue l’un des centres majeurs de l’économie francilienne (avec 173 000 emplois), est, comme le précise Christian Favier, président du Conseil général, « le point de convergence de grands projets qui vont en faire un lieu de développement et d’interconnexion stratégique en Île-de-France » : entre la mise en place de l’Opération d’intérêt national (OIN) menée par l’Établissement public d’aménagement Orly Rungis – Seine Amont (EPA-ORSA) sur douze communes (dont Chevilly-Larue), et le développement des transports collectifs (installation d’une gare TGV au sein de l’aéroport, prolongement de la ligne de métro 14, arrivée du tramway T7, …), l’aéroport d’Orly est un moteur au coeur d’un territoire en pleine expansion. Il offre également une véritable piste d’envol pour tous les projets en cours de nature à dynamiser les potentialités : implantation et développement de nombreuses entreprises (tel l’extension de L’Oréal), création de logements et d’équipements, voire construction d’un grand stade de rugby.

Certes, le transport aérien est aussi générateur de nuisances pour les riverains. À ce titre, le Conseil général a adopté un voeu, notamment présenté par Christian Hervy, le Maire et Conseiller général délégué, préconisant un certain nombre de mesures faisant prévaloir l’amélioration de la vie des riverains exposés (voire encadré).

En tant que délégué représentant du président du Conseil général, Christian Hervy a également proposé et obtenu qu’au sein de la commission sur l’avenir d’Orly soit créé un atelier dédié à l’examen des conditions de mise en place d’un fonds de péréquation de la ressource fiscale des activités aéroportuaires. Ceci permettrait de mieux répartir les richesses entre les deux plateformes de Roissy et d’Orly ainsi qu’entre les communes riveraines de ces aéroports, de réduire les inégalités, de mieux répondre aux besoins des populations et de lutter contre la dégradation des quartiers affectés par les nuisances.

Voeu du Conseil général pour protéger les riverains des nuisances de l’aéroport

Le 10 octobre dernier, le Conseil général du Val-de-Marne a adopté à l’unanimité un voeu en faveur de la protection des riverains contre les nuisances de l’aéroport. Il propose notamment : que le produit de la Taxe sur les nuisances sonores aériennes (dont les recettes sont affectées à l’aide à l’isolation phonique des particuliers) soit augmenté ; que le montant de l’aide à l’insonorisation soit déplafonnée et couvre désormais 100% de la valeur des travaux ; que soit couplé le financement des travaux d’insonorisation et d’isolation thermique afin d’accroître l’efficacité de l’aide ; que soient prises les dispositions pour accélérer le traitement des dossiers d’aide à l’insonorisation des riverains ; que soient arrêtées des dispositions en vue de mieux informer les riverains de leurs droits en la matière ; que soit étudiée la possibilité d’étendre les horaires du couvre-feu.

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Chiffres clés

• 173 000 emplois.
325 entreprises.
25 millions de passagers annuels.
2e plateforme aéroportuaire de France.
10e de l’Union européenne, dessert 162 villes et 64 pays.
250 000 créneaux horaires annuels.
plafonné à 200 000 mouvements annuels.
couvre-feu : entre 23h30 et 6h15.

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